Je ne me suis certainement pas engagé en politique pour que la France se résigne à devenir un sous-traitant.

Jean-Sébastien Ferjou : Vous avez publié un livre consacré à votre expérience de négociateur en chef du Brexit dont le premier chapitre s’intitule L’avertissement et dans lequel vous écrivez que « les gens dans la bulle de Bruxelles pensent qu’ils ont toujours raison, ils ne veulent pas écouter, ils ne veulent pas changer quoi que ce soit » alors que c’est pourtant « précisément la façon de provoquer d’autres Brexits ailleurs en Europe ». À quel point cette expérience du Brexit a-t-elle provoqué, structuré votre candidature ?

Michel Barnier : Il y a bien sûr des leçons à tirer de ce Brexit qui est d’abord un échec de l’Union européenne. Comment ne pas s’intéresser à ce qui a provoqué le départ d’un grand pays de l’Union ? Tout au long de la négociation du Brexit, j’ai essayé de comprendre ce qui l’avait provoqué. Il y avait évidemment des raisons proprement britanniques : la nostalgie d’un certain nombre de leaders d’extrême-droite comme M. Farage, la démagogie d’autres, les manœuvres de certains acteurs économiques, celles des marchés financiers notamment qui voulaient se libérer des règles européennes.

Cela étant dit, ce n’est pas la seule raison pour laquelle je suis candidat à l’élection présidentielle, mais c’en est incontestablement une. Je suis patriote et je suis Européen, dans cet ordre. Je serai un président français et européen comme l’ont été tous les chefs d’États depuis le général de Gaulle, qui a lui-même mis en œuvre le traité de Rome. C’est précisément parce que j’ai géré le Brexit pour l’Union européenne que je veux éviter qu’il y en ait d’autres. Et vous pouvez compter sur moi pour être lucide. Et exigent.

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