Lutter contre le grand déclassement.

Depuis 4 ans, nous vivons sur un faux diagnostic : Emmanuel Macron, en invoquant la "start-up nation", a fait l'impasse sur le réel. Il a vécu dans l'illusion de l'ubérisation et de la financiarisation dont témoigne la vente qu'il a signé en 2015 d'Alstom au géant américain GE.

La situation économique a une apparence : le mirage de la surchauffe. Une réalité : la régression. Le déclassement de notre économie, engagé depuis plus de trente ans, s’accélère. Ce gouvernement fait mine de l’oublier, obnubilé par les chiffres en trompe-l’œil d’une croissance qui n’est que de rattrapage et aveugle à un chômage de masse qui reste deux fois plus élevé qu’en Allemagne. Au moment d’embaucher, nous payons tous nos retards en matière de compétences, de formation et de charges. L’inflation revient chez nous, pas le plein-emploi. 


Je préfère regarder la réalité en face: nous continuons de battre le record européen de la désindustrialisation. Nos grands groupes investissent hors de France. Notre commerce extérieur est un cimetière d’éléphants. Notre richesse par habitant, qui dépassait celle des États-Unis et de l’Allemagne quand les socialistes ont pris le pouvoir en 1981, est désormais inférieure de 40 %. À mesure que notre économie s’enfonce, notre influence s’affaisse. Depuis quatre ans, nous vivons sur un faux diagnostic: Emmanuel Macron, en invoquant la «start-up nation», a fait l’impasse sur le réel. Il a vécu dans l’illusion de l’ubérisation et de la financiarisation dont témoigne la vente qu’il a signée en 2014 d’Alstom énergie au géant américain GE. Il semble n’avoir découvert la réalité industrielle que lorsqu’il a fallu s’équiper contre le coronavirus: médicaments, respirateurs, équipements de production, masques. Nous manquions de tout à force de ne produire plus rien.


Sur le fond, le président sortant s’est borné à pérenniser le CICE de François Hollande, sans s’attaquer pleinement à aucune de nos faiblesses structurelles.


Il n’y a dans cette réalité rien qui soit irréversible. Nous citons souvent le «miracle allemand» intervenu après le plan Schroeder. En vérité, il n’y a pas eu de miracle allemand, mais tant d’erreurs françaises! Pourtant l’histoire de France est jalonnée de redressements spectaculaires. Aujourd’hui, en prenant enfin les    bonnes décisions, nous pouvons redevenir un pays prospère et retrouver notre niveau de vie. Mon objectif est de refaire de la France, en dix ans, la première puissance économique, écologique et agricole d’Europe. Il demandera beaucoup de détermination. Je n’en manque pas.


Il nous faut miser sur une politique de soutien à l’activité et au travail qui s’appuie sur les bons leviers. D’abord, le pari de la réindustrialisation et de l’emploi. Cela impose une baisse de la fiscalité de production, pour la ramener progressivement au niveau moyen de nos concurrents, avec 10 milliards engagés dès le début du quinquennat. Je propose aussi de baisser fortement les cotisations patronales sur les emplois rémunérés de 1,6 à 2,5 smic. Ce choix ne coûte pas, il rapporte: en quelques années seulement, l’activité et l’emploi retrouvés généreront des recettes fiscales et sociales nouvelles autant qu’elles éviteront des dépenses liées au traitement du chômage comme à la désertification économique de tant de villes.


Le travail doit être réhabilité et donc être toujours mieux rémunéré que l’inactivité. Une allocation sociale unique sera instituée et l’assurance-chômage réformée avec un objectif et un seul: inciter au travail.


Nous devrons investir massivement sur nos points forts au lieu de gaspiller notre énergie sur des causes économiques perdues. Je souhaite réinvestir dans la recherche scientifique française et les secteurs stratégiques et à fort potentiel, comme ceux du développement durable où la France peut être leader, à travers un Fonds national souverain, ouvert aux investisseurs privés. Nous avons la plus forte épargne domestique des pays développés: orientons-la vers ce qui marche.


Rien de durable n’est possible sans sérieux budgétaire. Le «quoi qu’il en coûte» est un mensonge. Tout finit par se payer un jour. Le président sortant est le seul, depuis si longtemps, à n’avoir rien fait pour préserver nos retraites. La réforme des retraites sera réalisée et sur un principe simple: le départ à 65 ans. La fraude sociale est un scandale qu’il faut traiter et qui coûte jusqu’à 35 milliards. J’ai déjà proposé le remplacement des cartes vitales par un passe social biométrique. Nous avons dans notre administration de nombreux gisements d’économies. Il faudra les exploiter, avec les collectivités locales, en traquant les doublons, la suradministration et avec la digitalisation. Mais je ne crois pas à la suppression massive, aveugle, des emplois de la fonction publique. Arrêtons de déconstruire l’État par saignées alors qu’il faut réactualiser ses missions et améliorer nos services publics! La dépense publique, lorsqu’elle contribue à restaurer notre souveraineté et à moderniser l’État pour le rendre plus efficace, est un investissement. La réforme européenne du pacte de stabilité doit être mise à profit pour sortir d’un scénario écrit avant la mondialisation.


Car le monde change: la transition écologique, le transfert de richesse vers l’Asie, le retour des nationalismes, les flux migratoires, tout va toujours plus vite. Si nous ne voulons pas assister à l’Histoire en marche depuis le banc de touche, nous devons d’urgence renouer avec le génie industriel français et faire le pari de l’activité partout en France.

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