La taxe carbone aux frontières est une nécessité.​

Une taxe carbone aux frontières de l’Union est absolument indispensable, non seulement pour des raisons financières, mais parce qu’elle permettra de rétablir une concurrence équitable entre l’Europe et ses partenaires commerciaux.

La négociation du Brexit était un vrai combat. C’était un combat respectueux des interlocuteurs, mené de manière collective avec l’appui des 27 États de l’Union et du Parlement européen, en transparence vis-à-vis des gouvernements et des citoyens, mais c’était un combat. Nous avons sauvé le marché unique qui était menacé d’effacement, un marché crucial pour la France et l’ensemble des 27, pour nos entreprises et pour nos emplois.

D’autres combats nous attendent à Bruxelles : le financement du plan de relance européen, l’instauration d’une taxe carbone aux frontières de l’Union, l’inclusion de l’énergie nucléaire dans le projet de la Commission sur les énergies propres. Les enjeux sont massifs : cesser d’être naïfs dans le commerce international, accélérer la transition écologique, retrouver la pleine souveraineté de la France dans ses choix énergétiques. Ces combats, il faudra les livrer et les gagner. Il en va de nos impôts et de la dette publique, de la compétitivité de nos entreprises et de la transition énergétique en France, en Europe et dans le monde. En juillet 2020, les 27 pays de l’Union se sont mis d’accord sur un plan d’investissement de 750 milliards d’euros afin de faire face à la crise sanitaire. Une belle réponse face à une crise imprévisible. Mais, le remboursement de ce plan n’est toujours pas financé. Qui paiera ? L’Union par la levée de nouvelles ressources ? Ou les États, c’est-à-dire les contribuables ? Pour la France, l’enjeu est crucial : elle reçoit 40 milliards mais, sans nouvelles ressources, elle pourrait devoir rembourser le double…

Une taxe carbone aux frontières de l’Union est absolument indispensable, non seulement pour des raisons financières, mais parce qu’elle permettra de rétablir une concurrence équitable entre l’Europe qui taxe désormais lourdement le carbone, et des partenaires commerciaux qui ne le taxent pas ou si peu. Être le bon élève de la transition écologique ne doit pas nous mettre à terre ! Depuis quelques mois, la taxation du carbone émis par les grands centres industriels est efficace. Alors que, pendant une dizaine d’années, les émissions étaient facturées à un prix dérisoire, autour de 5 euros la tonne, une réforme a permis de faire bondir le prix à 60 euros. C’est certes une grande satisfaction pour l’écologie, mais cela pose aussitôt un problème majeur : il devient très coûteux de produire en Europe si, dans le même temps, les États situés sur les continents asiatique et américain continuent à produire sans prise en considération de l’urgence climatique. Une vague de délocalisations pourrait s’ensuivre. Seule une taxe carbone aux frontières de l’Union, immédiatement applicable à l’ensemble des produits importés en fonction de leur bilan carbone, peut permettre de rétablir l’équité dans la concurrence mondiale et récompenser nos efforts pour le climat.

La proposition de la Commission du 14 juillet dernier, qualifiée de « Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières » (MACF), va dans une assez bonne direction. Elle se heurte cependant aux réticences de plusieurs États. Comment l’Europe pourrait-elle hésiter devant un projet qui, construit autour de l’équité commerciale, aurait pour effet de tirer le reste du monde vers un comportement plus vertueux en matière écologique ? Ce combat pour la taxe aux frontières, nous devons le mener avec une immense détermination, sans délai, et le gagner. Je veux aussi que la France se batte sur un autre front, peu évoqué jusqu’à maintenant dans le débat public : le projet de la Commission européenne dit de taxonomie. Ce nouveau règlement, qui est censé classer les énergies en fonction des émissions de carbone, exclut l’énergie nucléaire du label vert européen ! On marche sur la tête ! Si cette classification était retenue, elle aurait pour effet de détourner les financements de l’industrie nucléaire et des industries qui lui sont liées. La France doit le refuser. Je veux que la France retrouve sa souveraineté en matière de choix énergétiques et conforte le rôle du nucléaire comme énergie stabilisatrice décarbonée et vecteur d’électrification de notre économie.

Dans tous ces domaines, ce sont les intérêts vitaux de la France, sa souveraineté, sa compétitivité comme l’avenir de notre planète qui sont en jeu. Pour livrer ces combats et les gagner, la France doit retrouver son influence en Europe.

La taxe carbone aux frontières est une nécessité.

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